Les travailleurs sont envoyés à Huelva pour une durée limitée (entre 3 et 9 mois et doivent rentrer ensuite dans leur pays.
Alors que de nombreuses études ont montré la captivité dans laquelle lillégalisation plaçait les travailleurs étrangers (Terray 1999, Jounin 2010 le recrutement de saisonnières en situation légale est décrit par certains employeurs comme offrant des travailleuses plus captives et plus contrôlables que les sans-papiers.
Cette externalisation ne se réduit pas à la participation des pays tiers aux politiques de retour forcé et de fixation des étrangers, mais suppose également la sous-traitance à ces pays de politiques de canalisation de flux de travailleurs légaux.Elles sont alors prises en charge par le personnel de lAnapec et les responsables espagnols du programme de migration temporaire.37La contratación en origen au Maroc a répondu aux exigences de contrôle de la main-dœuvre saisonnière visant à flexibiliser lorganisation du travail dans les serres.Une des ouvrières interviewées explique comment linvestissement dans lagrandissement de la maison familiale est la meilleure manière de battre en brèche toutes les allusions sur son manque de moralité.Pour assurer ce rang, la province a besoin de 88 000 ouvriers agricoles durant lannée pour ses récoltes de fruits (fraises, nectarine, groseilles).A loccasion de ces cours, on les exhorte également à se méfier des hommes en particulier des marocains ou arabes (termes utilisés de manière équivalente) qui vont leur promettre des papiers et les encourager à cesser le travail et rester sur le territoire espagnol.Malgré ces contraintes, les migrantes composent avec leurs charges familiales, en gérant pelicula en ligne amour aveugle des relations familiales partagées entre ici et là-bas, le temps du séjour.48Un an après le début du projet, la mairie de Cartaya signe une convention de collaboration avec lAnapec, elle-même financée à hauteur de 5 millions deuros sur les fonds européens Meda 2 pour promouvoir la formation de travailleurs marocains en vue de leur placement.Ce profil spécifique définit les migrantes à partir dune dépendance de soin aux enfants.Cette dernière empêche également de stocker la récolte, ce qui contraint les fraisiculteurs à produire à flux tendu.Au Maroc, comme au sein de la communauté marocaine de la ville de Cartaya, la migration des marocaines est évoquée à travers «le prisme de la prostitution» (Pheterson, 2001).Au Mar (.) 2Ces problématiques ont dautant plus de pertinence dans le cas de migrations qui privilégient un recrutement de femmes avec des charges familiales, comme cest le cas des ouvrières agricoles marocaines employées dans la province de Huelva (Espagne) dans la production de fruits.«Les femmes sont plus sérieuses, les hommes mariés sont insouciants, ne sont pas responsables.2 Le recrutement au Maroc est fortement remis en question depuis 2009 par la crise économique qui tou (.) 6Se pencher sur la présence des saisonnières marocaines dans les serres semble être une bonne manière dillustrer certaines caractéristiques du travail agricole à lheure.Pour les enquêtées, la question centrale repose sur le transfert de la charge quelles accomplissent au"dien, en particulier le soin des enfants, des parents âgés et malades, et les tâches domestiques.
Ces stéréotypes alimentent le système de management des ouvrières agricoles, une gestion de type paternaliste.

Il leur manque juste un pistolet.


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